Des français à l’oeuvre en Irak pour le déminage des villages libérés de l’EI

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Le 23/09/2016

Si l’actualité syrienne reste sur le devant de la scène médiatique, d’autres zones de conflits sont malheureusement reléguées au second plan et de ce fait quelque peu oubliées. Ainsi en va-t-il de l’Irak où la situation est loin d’être réglée, même si les choses semblent avancer dans la bonne direction. Suite à l’appel de Mgr Sako que nous venons de relayer, nous nous faisons également écho de l’appel de Fraternité en Irak au sujet de l’opération de déminage de la plaine de Ninive.

En effet, l’association Fraternité en Irak, en lien avec le Centre de crise et de soutien du quai d’Orsay, et en collaboration avec une ONG spécialisée, lance une levée de fonds pour financer le déminage de villages libérés de l’Etat islamique dans la plaine de Ninive (nord-est de Mossoul), ainsi que la formation professionnelle de démineurs locaux. Le projet concernera, dans un premier temps, quatre villages de la communauté Kakaï et deux villages chrétiens, pour un montant estimé à 330 000 €.

L’urgence du déminage à l’aube de la campagne de Mossoul

Alors que les premiers villages de la région de Mossoul ont déjà été libérés, la reprise totale de Mossoul et de la plaine de Ninive, qui s’étale sur ses flancs nord et est de la ville, semble envisageable d’ici un an. La libération de la zone incitera les populations déplacées à retourner dans leurs villages d’origine, et ce de façon parfois peu ou pas coordonnée.

Depuis la fin du mois de mai, les témoignages recueillis par Fraternité en Irak rapportent que les morts dues aux mines antipersonnel de l’Etat islamique se multiplient. En 2014 déjà, un enfant de 14 ans était mort en aidant son père à labourer un champ situé dans une zone brièvement occupée par les djihadistes.

Le retour dans leurs villages d’origine des populations réfugiées au Kurdistan ou dans les pays voisins ne peut se faire sans une sécurisation complète de la zone. Parallèlement, la campagne de Mossoul est susceptible d’accélérer le rythme de libération des villages annexes. « Pour éviter que ces populations déjà obligées de fuir ne se retrouvent piégées une nouvelle fois à leur retour, le déminage fait partie des grandes urgences humanitaires actuelles », explique Faraj-Benoît Camurat, le président de l’association.

Un projet en collaboration en lien avec le Centre de crise et de soutien du quai d’Orsay

Fraternité en Irak, en lien avec le Centre de crise et de soutien du quai d’Orsay, a donc missionné une ONG spécialisée dans le déminage, active depuis près de 20 ans en Irak et à l’origine du retrait de plusieurs millions de mines dans la région. Cette ONG emploie près d’un millier de personnes, majoritairement des Irakiens.

L’objectif des volontaires français est de lancer l’initiative de déminage de la plaine de Ninive, en commençant par quatre villages de la communauté Kakaï et deux villages chrétiens dont la population dépassait les 20 000 habitants avant leur exode. Dans le même temps, ils souhaitent financer la formation d’équipes de déminage pouvant prendre le relais quand d’autres villages seront libérés.

La première levée de fonds lancée par Fraternité en Irak s’élève à 150 000 €. Le ministère français des Affaires étrangères et du développement international participe au projet, dans le cadre du plan d’action en faveur des minorités persécutées au Proche-Orient. Le budget total de cette première phase de déminage est évalué à 330 000 €.