COUP DE THÉÂTRE EN SYRIE (Texte Gratuit)

Le 13/09/2014

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syrie djihadistesIl arrive parfois que l’on se dise en rédigeant certains articles que l’on va peut-être trop loin dans l’analyse des informations et que nos sources peuvent elles aussi se tromper. Mais si ce doute légitime et nécessaire pour tenter de rester objectif arrive de manière récurrente, il ne dure jamais très longtemps, les événements se chargeant en général de confirmer l’essentiel de nos analyses.

Ainsi donc ,alors que l’on se demandait hier en réunion de rédaction si notre analyse au sujet de la coalition anti-EI était bonne et si nous n’avions pas trop chargé les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis, une série d’informations sont tombées et ont malheureusement démontré que nous étions en deçà de la réalité.

Pour bien comprendre ce qui va suivre et qui ne nécessitera pas de commentaires particuliers, l’information étant suffisamment éloquente par elle-même, il faut juste se remettre en mémoire deux choses.

La première touche au fait que les chrétiens ont souvent été pointés du doigt en Syrie par certains médias ou gouvernement pour une forme de connivence avec le gouvernement. Mais comme l’ont rappelé à plusieurs reprises les autorités religieuses syriennes, sans le régime de Damas il n’y aurait plus traces de chrétiens en Syrie. Nous n’allons pas refaire tout l’historique, les attaques par les djihadistes ayant débuté en Syrie ne nécessitent pas d’épiloguer.

Dans ce contexte, des propos ont été attribués au président Barack Obama. Propos qu’il aurait tenus devant les personnalités religieuses chrétiennes, dont le patriarche Raï, réunies à Washington, selon lesquelles le chef de la Maison-Blanche aurait affirmé que Bachar al-Assad aurait protégé les chrétiens de Syrie. Face à ces propos, des sources de l’ambassade des États-Unis au Liban ont déclaré ce qui suit :
« Lors de sa rencontre avec les responsables religieux chrétiens, le président a clairement fait comprendre que la brutalité du régime Assad a infligé des souffrances énormes au peuple syrien, y compris aux chrétiens. Il a en outre insisté sur le fait que Bachar al-Assad a perdu toute légitimité pour gouverner la Syrie. C’est la raison pour laquelle les États-Unis soutiennent l’opposition syrienne modérée, considérée comme un contrepoids à Assad et à l’État islamique (EI). »

Si nous n’allons pas revenir sur les relations entre chrétiens et régime syrien, il nous faut  noter la fin de la déclaration  qui motive le soutien aux rebelles, seule véritable opposition à l’Etat Islamique. Si sur le terrain on ne peut que constater que l’opposition syrienne subit revers sur revers face à l’Etat Islamique et que seul le gouvernement arrive à peu près à tenir tête aux islamistes, on pourrait encore se dire que peut-être, sur le fond, l’opposition syrienne pourrait effectivement agir pour éliminer l’EI. D’ailleurs le président Obama n’a-t-il pas demander au congrès d’approuver une enveloppe de plus de 500 millions de dollars pour armer, entraîner et encadrer les rebelles modérés, afin de les soutenir dans leur lutte contre l’EI et le régime de Damas. N’a-t-il pas encore rappelé qu’ils lutteraient ensemble contre l’EI lors de son intervention de mercredi soir ?

Alors quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’est tombée cette dépêche hier soir, seulement deux jours après la déclaration tonitruante de Barack Obama :

« Les rebelles syriens et les djihadistes de l’Etat islamique (EI) ont enterré la hache de guerre au sud de Damas au terme d’un accord, le premier du genre depuis le déclenchement des hostilités entre eux au début de l’année, selon une ONG proche de l’opposition.
Les insurgés, islamistes ou modérés (comme l’ASL Ndlr), ont conclu un cessez-le-feu à Hajar al-Aswad, dans la banlieue sud de la capitale, où les deux adversaires sont présents, explique l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Selon les termes de l’accord, « les deux parties respectent une trêve jusqu’à ce qu’une solution définitive soit trouvée et elles promettent de ne pas s’attaquer car elles considèrent que le principal ennemi est le régime noussaïri », terme péjoratif pour désigner les alaouites, secte dont est issu le chef de l’Etat Bachar al Assad. »

Pour résumer, ceux que l’on nous présente comme un appui potentiel dans la lutte contre l’EI, ceux qui sont formés ouvertement par les pays occidentaux, reçus en grandes pompes à Londres, Paris, Washington… Ceux à qui l’on vient vient de promettre argent et armes sophistiquées. Ceux qui nous sont présentés comme l’avenir de la Syrie face à la barbarie islamiste mais aussi face au régime syrien, viennent de conclure un accord avec les islamistes contre lesquels Washington monte une coalition afin d’unir leurs forces pour renverser al-Assad…

Cela laisse songeur et surtout cela se passe de commentaires. Il ne reste plus justement qu’à attendre les commentaires des divers dirigeants occidentaux et voir comment ils vont s’en sortir. Si bien sûr ils n’ignorent pas le problème et n’utilisent pas le prétexte Etat Islamique pour en finir avec Damas comme le prétendent la Russie et l’Iran.

P. JM. Robinne